La dégringolade du dollar propulse l'euro au sommet
Les Echos | 28 février 2008
La devise européenne a établi un nouveau record à 1,5144 dollar • La peur d'une baisse de la production pousse le baril de pétrole au-delà des 100 dollars • Ben Bernanke ouvre la voie à de nouvelles baisses des taux aux Etats-Unis.

Le billet vert a connu hier un accès de faiblesse généralisé qui s'est traduit par un nouveau plus haut en séance de la monnaie européenne, à 1,5144 dollar. En cause, une fois de plus, l'affaiblissement de l'économie américaine et des perspectives de baisses des taux d'intérêt plus importantes de l'autre côté de l'Atlantique. Le président de la Réserve fédérale, auditionné par le Congrès, s'est d'ailleurs déclaré plus inquiet du ralentissement de la croissance que des risques inflationnistes. Il a laissé augurer une nouvelle baisse de taux en mars.
Pour l'heure, l'administration américaine joue un jeu dangereux : à court terme, elle dope l'économie en laissant filer le dollar, espérant qu'un scénario catastrophe pourra être évité. Mais, à long terme, elle sait que la faiblesse de sa monnaie fragilise l'Amérique.
Aujourd'hui, des statistiques sur la croissance et l'inflation américaines au dernier trimestre seront très suivies par le marché. Sur le Vieux Continent, les records successifs de l'euro ont exacerbé l'inquiétude et la colère des industriels, qui voient leur compétitivité mise à mal. Son envolée a semé la discorde au sein d'une Europe politique tiraillée entre les dangers et les bienfaits d'une telle situation. La baisse du dollar n'a eu qu'un effet limité sur les places européennes, qui ont terminé en ordre dispersé autour de l'équilibre ; le CAC 40, stable, n'est pas parvenu à franchir de nouveau les 5.000 points.
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