Le dollar bénéficie d'un avantage de rendements à long terme
La Tribune | 20 février 2008
Si l'avantage de rémunération à court terme dont bénéficiait le dollar face à l'euro s'est transformé en handicap, les rendements à long terme se sont inversés en sa faveur.

Après avoir joué les perturbateurs, le dollar s'est mué en ludion. Et cela dure depuis maintenant près de trois mois. Depuis ce fameux 23 novembre 2007, où il a pulvérisé un record absolu de faiblesse face à l'euro, à 1,4967. Les acteurs du marché des changes, butant sur la ligne de défense de 1,50, ont depuis baissé les bras, le laissant évoluer dans une étroite fourchette dans laquelle il monte ou baisse au gré des statistiques et des anticipations de taux de part et d'autre de l'Atlantique. Comme elles lui étaient plutôt défavorables hier, le dollar a laissé l'euro remonter au-dessus de 1,47. La question qui se pose désormais est de savoir si le couple euro-dollar a trouvé un nouvel équilibre ou si l'un des deux protagonistes de la paire est trop faible ou trop fort, ce qui implique une prochaine correction. Une question à laquelle les experts de Goldman Sachs donnent un début de réponse. L'euro est trop cher si l'on prend en compte les déterminants classiques des taux de change que sont les différentiels d'inflation, de productivité et de termes de l'échange entre les deux zones. Sa valeur d'équilibre de long terme se situerait à 1,21.
PRESQUE À JEU ÉGAL
En revanche, si l'on retient comme principal critère les écarts de taux d'intérêt, qui ont été le moteur des choix des investisseurs l'an dernier, la monnaie unique disposerait d'une marge de hausse jusqu'à 1,61 dollar, si l'on se réfère à la courbe des taux à 1 an et 1,50, à la courbe à 2 ans. Ces deux échéances ont fidèlement suivi les détentes agressives du loyer de l'argent de la Réserve fédérale, qui a ramené le taux cible des fonds fédéraux de 5,25 % à 3 % entre septembre et fin janvier, tandis que la BCE maintenait son taux directeur à 4 %. L'avantage dont disposait le dollar au début du cycle s'est transformé en handicap d'autant plus sévère qu'une nouvelle réduction des fonds d'un demi-point est attendue le 18 mars, lors du prochain conseil de la Fed.
Reste un dernier acteur, dont le poids est souvent déterminant pour les parités des grandes monnaies : il s'agit des rendements à long terme. Et là, le dollar fait presque jeu égal avec l'euro, l'inversion de la courbe des taux qui avait duré plus d'un an n'étant plus qu'un lointain souvenir. Sur l'échéance à 30 ans, il retrouve même un avantage marqué, avec des rendements de 4,63 % contre 4,51 % pour les bunds allemands de même échéance. Pour Goldman Sachs, le niveau relatif des taux à 10 ans est compatible avec une parité euro-dollar de 1,41, et ce à 5 ans avec un cours de 1,44. Et l'avenir ne devrait pas modifier la tendance.
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