Le dollar poursuit son lent redressement face à l'euro.
La Tribune | 4 avril 2008
Deux statistiques décevantes sur l'économie de la zone euro et un chiffre inattendu sur celle des Etats-Unis ont permis au dollar d'amplifier son rebond et de casser un important seuil chartiste.

Une rechute est toujours possible tant le marché des changes sait parfois se montrer versatile et tant son agressivité à l'encontre du dollar a été brutale au cours du dernier mois. Mais les prolégomènes d'une reprise du billet vert se mettent progressivement en place.
La surprise aura été l'impassibilité des acteurs du marché aux sombres prévisions économiques du FMI mercredi et leur surdité face au risque de récession aux Etats-Unis au premier semestre agité pour la première fois par le président de la Réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke. Loin de dévisser, le dollar s'est redressé.
Les opérateurs semblent désormais convaincus que l'économie de l'Oncle Sam, après un sérieux coup de froid, reprendra sa pente naturelle de croissance dans la seconde partie de l'année. Et ils ont salué les dernières statistiques avec un optimisme non dissimulé. La surprise du jour a été constituée par la remontée de l'indice ISM des directeurs d'achats américains du secteur non manufacturier à 49,6 en mars, contre 49,3 en février, sa composante emploi restant stable. Dans la matinée, on avait appris que l'indice jumeau pour la zone euro, compilé par RBS/NTC, s'était, lui, contracté, revenant de 52,3 en février à 51,6 le mois dernier, même s'il s'est maintenu au-dessus de la ligne de flottaison de 50, qui délimite en théorie la frontière entre croissance et contraction de l'activité. Les acteurs du marché des changes ont aussi fait grise mine à l'annonce d'un recul inattendu de 0,5 % des ventes au détail des Quinze en février. Le regain d'optimisme des opérateurs se lit aussi dans les anticipations des marchés à terme concernant la politique monétaire de la Fed. Elles ne reflètent plus qu'une probabilité de nouvelle détente des taux d'un demi-point lors de sa réunion du 30 avril de 10 %, contre 62 % vendredi dernier... Si le baromètre a une fâcheuse tendance à être un « contrariant », il en dit cependant long sur l'état d'esprit des marchés.
RAPPORT MENSUEL SUR L'EMPLOI
Les chartistes, quant à eux, avaient bien indentifié un palier important dans la reprise du dollar, qui a été franchi hier. Il s'agit du seuil de support de 1,5599, qui constitue le cours moyen d'évolution de la parité euro-dollar depuis vingt séances. Une fois passé ce cap, le prochain support se situe à 1,5341, qui constitue la « ligne de cou », dans le langage imagé des analystes chartistes, d'une figure de « double top » qui se forme dès lors que le couple de monnaies a touché le même point au cours de la période, en l'occurrence les 11 et 24 mars.
Reste un dernier rendez-vous majeur cette semaine : la publication, ce vendredi à 14 h 30, du rapport mensuel sur l'emploi aux États-Unis en mars, statistique fétiche des marchés. La destruction en février de 63.000 postes de travail, en dépit d'un léger reflux du taux de chômage de 4,9 % à 4,8 % de la population active, avait brutalement aggravé l'érosion du dollar en renforçant le scénario d'une récession américaine. Pour mars, 50.000 pertes d'emplois sont attendues avec un taux de chômage de 5 %, mais le marché n'est pas à l'abri de nouvelles surprises.
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